Armée suisse : un numéro de grande illusion ?

Par 17 voix contre 8, la Commission de la politique sécurité du Conseil national (CPS-N) a décidé le 26 août passé que l'armée suisse de demain devait coûter 5 milliards de francs par an pour un effectif de 100 000 hommes ...moyennant de « faire avec » pour financer « au plus vite » l'acquisition de nouveaux avions de combat.
Après la Commission de la politique de sécurité du Conseil des États (CPS-E), au tour maintenant de celle du National de désavouer le Conseil fédéral sur le sujet de l'armée - pour rappel : 80 000 hommes pour un plafond financier annuel de 4,4 milliards de francs.

Au vu des réactions de soulagement qui émanent des milieux soucieux de garantir à la Suisse une armée crédible, même et surtout pour le cas de défense, sommes-nous en train d'assister à un numéro de grande illusion comme des « magiciens » du style David Coperfield en ont le secret pour émerveiller leur public ?

Fin 2009, dotée d'un budget annuel de 4,4 mia de francs, notre armée s'avouait incapable de financer le remplacement partiel de la flotte des Northrop F-5E Tiger devisé à quelque 2,2 mia de francs, sous peine de devoir renoncer à tout budget d'armement pour les 4 ou 5 ans à venir.
En 2011, 5 mia annuels seraient alors suffisants pour financer une armée digne de ce nom ainsi qu'une acquisition - les nouveaux avions de combat - dont le montant a pris l'ascenseur pour avoisiner aujourd'hui les 5 mia de francs (lorsque l'on tient compte de tous les coûts induits) moyennant quelques économies et la (re)définition de priorités ?

La « magie » du moment - la CPS-E et la CPS-N qui vont à l'encontre de la décision de base du Conseil fédéral sur l'armée - risque de retomber comme un soufflé lorsque les projecteurs du mécanisme du frein à l'endettement marqueront la fin du spectacle au lendemain du 23 octobre prochain.

Aussi, même si l'on peut saluer les préoccupations des majorités des deux CPS - rejeter la vision minimaliste que le Conseil fédéral se fait de l'armée, ne nous illusionnons pas : lors de sa prochaine session, le Conseil national aura tôt fait de rappeler à toutes et à tous l'existence du mécanisme du frein à l'endettement. Il serait très surprenant qu'il en aille autrement.

Au final, la nécessité d'une armée forte d'un effectif de 120 000 hommes et dotée d'un budget annuel de 5 milliards de francs au moins - financement des nouveaux avions de combat non compris - pour lui permettre d'assurer le profil de prestations minimal qui lui est imposé par l'article 58 de la Constitution fédérale ne sera pas le fait du Parlement, et pour cause ! L'intérêt pour une défense militaire crédible ne faisant pas élire, le frein au démantèlement continu de l'armée ne passera que par une volonté populaire. Dès lors, l'hypothèse d'un lancement par la Société suisse des officiers d'une initiative populaire est une éventualité qui fait sens.

Grand-papa et les pontonniers

La campagne pour la votation du 4 septembre prochain sur le système d'école obligatoire dans le canton de Vaud est entré depuis une bonne dizaine de jours dans sa phase démagogique, émotionnelle et idéologique.
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ! Quand bien même il y a peu encore tout le monde politique s'accordait à chanter sur tous les tons « ne pas vouloir déclencher de guerre de l'école », les bonnes résolutions ont été jetées aux oubliettes, vite rattrappées par la « Querelle des Anciens et des Modernes ».
Notez que depuis quelques jours, au vu du discours qui fait rage, on préférera « grand-papa et les pontonniers ».

À n’en point douter, malgré les dénégations de façade, au travers de l'initiative « École 2010 » et du contre-projet « LEO », ce sont deux visions du monde qui s'affrontent.
D'un côté, se présente « École 2010 » qui entend (re)donner sa place à la qualité des méthodes d’enseignement et à l'égalité des chances, en tentant de ramener en classe un système scolaire parti faire l'école buissonnière avec « EVM ». De l'autre, se dresse « LEO » qui mise sur la quantité d'heures d'enseignement - sous prétexte d’« HarmoS » - et qui sacrifie à l'idéologie égalitariste en instituant une voie secondaire quasi unique.

Quand les pourfendeurs d' « École 2010 » se plaisent à agiter l'épouvantail du « retour à l'école de grand-papa », les zélateurs de « LEO » rivalisent en clichés propres à faire voir et à faire croire à ce qu’ils font voir : « se tourner vers l'avenir » - quand bien même personne n’est capable d'en dessiner un contour autre que purement spéculatif ; « maintenir et développer la cohésion sociale » - comme si les promoteurs d’ « École 2010 » n’avaient d’autre but que d’introduire la ségrégation sociale ; « bâtir des ponts avec les matières » - aveu à peine voilé que jusqu’ici l’on s’est satisfait de s’ébaubir devant les tyroliennes de la modernité tirées par « EVM » ; « bâtir des ponts avec les Confédérés » - quand bien même depuis l'introduction d'« EVM », l'école obligatoire dans le canton de Vaud se trouve plus dans la situation de celui qui court le long du quai pour tenter de rattraper le train (HarmoS), que dans celle du pontonnier à même de faire étalage de son expertise et de son savoir-faire en la matière ; « bâtir des ponts avec les parents » - autre aveu aussi à peine dissimulé qu’une des grandes réussites d’« EVM » est d’avoir mis hors jeu les parents.

Néanmoins, à la décharge des partisans de « LEO », il faut reconnaître que la présence d’une Haute école pédagogique, d’une École polytechnique fédérale et d’une Université dans le canton de Vaud ne favorise ni l’humilité ni l’autocritique face au mal qui frappe le système scolaire vaudois : une baisse générale du niveau dans les matières fondamentales.

Fille aînée d’« EVM », à défaut de la qualifier de « bâtarde » - ce qui ferait les choux gras de toutes celles et ceux prompts à se récrier du politiquement incorrect et du retour à « l’école de grand-papa », « LEO » s’avère surtout être un lieu commun : il se peut que le système proposé soit juste en théorie, mais, en pratique, il ne vaut rien. Ne travailler que sur la quantité (l’élévation du nombre d’heures) sans remettre en question la qualité (la méthode doctrinale de la pédagogie de la découverte) revient à vouloir cacher un ban de brouillard derrière un écran de fumée.

Si comme l’a écrit Albert Camus « Mal nommer les choses ajoute au malheur du Monde », alors penser que « LEO consolide l’école et la tourne vers l’avenir » c’est ajouter au malheur de l’École vaudoise. C’est cautionner un énième chambardement du système scolaire vaudois propre à plonger tout le monde - élèves, parents, enseignants, politiques et finances publiques - dans l'inconnue la plus totale ...et, probablement, à sacrifier sur l'autel d'une prétendue modernité, une génération d'élèves de plus.

Voter OUI à « École 2010 », NON à « LEO » et préférer « École 2010 » en cas de double oui dimanche 4 septembre prochain, ce n’est pas appeler de ses voeux le retour de « l’école de grand-papa » ni celui du « roye gosse », et encore moins prôner l’introduction de méthodes d’enseignement puisées auprès de l’armée américaine - comme le laissait pernicieusement entendre il y a peu le président de la Société pédagogique vaudoise.
Voter en faveur d’« École 2010 » dimanche 4 septembre, c’est avoir la lucidité d’Ulysse de résister à la tentation d’écouter le chant des Sirènes. Quitte à s’attacher solidement au mât du bateau pour ne pas mettre en péril l’avenir professionnel ou académique de ses enfants, au son du pipeau des doctrinaires de la pédagogie de la découverte et de l’égalitarisme ...celui-ci n'ayant, comme les régimes communistes totalitaires du XXe siècle l'ont révélé, jamais assuré l'égalité des chances !

Le PLR, parti à tendance Populiste, Louvoyante et Rampante ?

C'est la question que l'on est amené à se poser en écoutant sur Forum (RSRinfo) le président du PLR, Fulvio Pelli, expliquer les deux nouvelles résolutions adoptées ce samedi 25 juin à Viège (VS) par son assemblée des délégués dans la guerre que le parti entend mener à la bureaucratie (à écouter ici).

L'adage veut que la vengeance - politique en l'occurrence - est un plat qui se mange froid. Dans le cadre des résolutions prises contre une prétendue bureaucratie qui empêcherait largement de couvrir les toits des maisons de panneaux solaires « comme on veut, quand et où l'on veut » - cela en réponse à la décision du Conseil fédéral et du Parlement de sortir par étapes du nucléaire d'ici à 2034, il semble que les stratèges du PLR nous concoctent un « buffet froid élections fédérales 2011 » composé d'amuse-bouches et autres mignardises piochées dans le recueil culinaire édité par notre droite populiste et reçu pour Noël.

Trop de lois sur les constructions et l'environnement adoptées par les politiques, trop de règlements locaux, trop de fonctionnaires les appliquant à la lettre, trop de bureaucratie. Voilà qui va séduire plus d'un propriétaire en attente d'obtenir une autorisation pour sa maison et l'amener à voter PLR dans l'espoir de ne plus avoir à s'encombrer de procédures, lois et autres règlements sur les constructions et l'environnement à l'avenir. Un pas de plus et c'est l'abandon des procédures d'octroi de permis de construire que le PLR va réclamer pour gagner des parts de marché électoral... [pardon, je m'oublie] ...pour aider cette Suisse que l'on aime tant à sortir du nucléaire.

#EF2011, le quotidien de @RSRinfo

En vue des prochaines élections fédérales, la rubrique « multimédia » de la RSR lance « #EF2011: le quotidien politique », en l'occurrence un « laboratoire d'information » basé sur paper.li, le service d’agrégation de notifications publiées sur Twitter et Facebook développé par SmallRivers -  une entreprise active depuis le campus de l'EPFL.

Les contenus qui seront publiés sur ce « quotidien politique en ligne » proviendront des tweets et des notifications que les journalistes RTS et les politiques - prioritairement les candidat(e)s - posteront sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook. La hiérarchisation de l'information sera essentiellement déterminée par des algorithmes mis au point par SmallRivers ; elle dépendra de la « résonnance » - nombre de RT (re-tweet), de réactions ou discussions - qu'une notification aura suscité.

Pour participer à « #EF2011: le quotidien politique » ? Simple. Tout est dans le titre du « journal en ligne » de @RSRinfo : il suffit d'ajouter le hashtag #EF2011 dans vos prochains commentaires politiques sur Twitter ou sur Facebook.

Le PLR et le nucléaire

Avec leur décision de s'abstenir lors du débat au Conseil national sur toutes les propositions demandant une sortie du nucléaire par étapes, les Libéraux-Radicaux (PLR) nous laissent en première impression le sentiment de se la jouer "Ni pour ni contre, bien au contraire !"

Le porte-parole du PLR a beau se défendre de toute fuite de responsabilités de son parti et justifier la décision par un argumentaire qui parle plus à un spécialiste du système politique suisse qu'au citoyen lambda, il est à craindre que cette stratégie ne génère un nouveau cliché au sein de l'électorat de droite : après celui de "la girouette" pour le PDC, dès maintenant celui de "l'Auvergnat" pour le PLR ?

"P't'être bin qu'oui... P't'être bin qu'non..."

Vanne de la semaine… Europe 1 - Nicolas Canteloup - La revue de presque

Vendredi 25 septembre 2009, aux alentours de 08h45, La revue de presque de Nicolas Canteloup sur la radio Europe 1.

Au surlendemain du discours fleuve de Mouammar Kadhafi devant l'Assemblée générale des Nations Unies, le présentateur de La matinale d'Europe 1 Matin [Marc-Olivier Fogiel] - en réalité la voix de l'imitateur Nicolas Canteloup - passe le titre suivant en tout début de Revue de presque :

[Marc-Olivier Fogiel] : Bonjour ma chère Julie ! Bonjour à tous ! Conférence à l'ONU ! Le Colonel Kadhafi - le Michael Jackson du monde arabe - a encore montré à la tribune un nouveau visage... encore plus figé que d'habitude... Alors on ne sait pas où ils en sont au niveau du nucléaire les Libyens, mais au niveau chirurgie esthétique, on n'a pas de souci à se faire : ils en sont en au tout début... ils tâtonnent !

La revue de presque de Nicolas Canteloup sur Europe 1 ? Cela s'écoute en podcast ici sur Europe1.fr ou via iTunes.